mercredi 10 décembre 2008

Yoga et techniques


Discipline du corps et de l’esprit, originaire de l’Inde, le yoga vient des Yoga-sutra de Patanjali, écrits à l’époque classique. En vérité, le yoga fait partie d’un courant qui remonte bien au-delà de l’Inde védique.
Abolir toute conscience individuelle dans une sorte de nirvâna bouddhique est le but de toute la spiritualité hindoue. Le yoga donne la technique, pour atteindre à un bonheur suprême. L’homme n’expérimenterait que misères et souffrances et sa souffrance serait due à une ignorance métaphysique, concernant le corps et le mental. L’homme et non son âme, purusha en sanscrit, est un et absolu et dont le seul état est d’exister et de se maîtriser.
La révélation du purusha délivre l’homme de constantes angoisses et lui permet d’atteindre le samadhi, une sorte d’extase mystique où l’objet et le sujet ne font plus qu’un. Cependant la connaissance, le « connais-toi toi-même» de Socrate, ne suffit pas au salut de l’homme, et le yoga, par une série de techniques plus ou moins ascétiques, permet d’atteindre la quiétude et la sérénité.
Le yoga est avant tout une pratique; il exige un long façonnement et une ligne de conduite rigoureuse, c’est un itinéraire ascétique qui s’articule en huit moments. Les deux premiers, en introduction, sont des exercices préparatoires que l’élève doit observer, les yamas soit ne pas tuer, ne pas mentir et les niyamas qui est de supporter le chaud aussi bien que le froid, la faim ou la soif. Ce sont des principes moraux et des pratiques physiologiques de base indispensables aux nouveaux adeptes du yoga.
Ensuite, l’initié peut commencer l’apprentissage du yoga et de ses techniques psychologiques. D’abord, l’asana, position caractéristique du corps, ne peut être enseignée que par un Maître ou gourou; elle n’est parfaite que si elle est accomplie sans effort et permet au corps de retrouver un équilibre parfait. Complément indispensable de l’asana la discipline de la respiration ou du contrôle du souffle — pranayama en sanscrit qui constitue la quatrième étape de l’étude du yoga. La respiration est, accélérée ou ralentie, sous le coup d’une émotion, d’un choc ou d’une forte colère; le souffle est le moteur de tous les mouvements du corps et de l’esprit et un rythme respiratoire parfaitement contrôlé est le point de départ d’un équilibre parfait. La respiration s’effectue en trois temps l’inspiration, l’expiration et entre les deux, la rétention du souffle qui, au fur et à mesure de l’entraînement, se fait de plus en plus longue.
Un yogi, parfaitement entraîné, peut contrôler son rythme cardiaque jusqu’à le supprimer totalement pendant un certain temps. Ces techniques peuvent profiter dans divers exercices tels la danse, la marche etc
Parvenu à ce stade, le disciple peut pratiquer ce qu’en sanscrit on nomme l’ékagrata, qui correspond à une concentration sur un seul point ou sur un seul objet; cet exercice détourne le mental du contenu plus ou moins confus de la conscience et lui apporte la même paix et la même sérénité. L’asana et le contrôle du souffle apportent l’apaisement au corps. Pour le cinquième moment de l’itinéraire qui achève les exercices psycho-physiologiques de l’ascèse yoguiste; les sens ainsi libérés permettent de dominer le monde extérieur, c’est-à- dire les sentiments aussi bien que les sensations physiques, le plaisir ou la douleur.
Les trois dernières étapes, accessibles aux véritables ascètes, parfaitement entraînés, maîtres de leur corps et de leur esprit, forment un groupe à part, le samayana.
La concentration ou dharana, le travail de méditation ou dhyana et l’identification ou samadhi sont des pratiques purement mentales, très difficiles à décrire. Elles peuvent être dangereuses si elles ne sont pas dirigées par un Maître ou simplement si elles sont pratiquées par une personne non initiée.
Libéré de toutes les contradictions intrinsèques à l’homme, l’ascète qui a atteint le samadhi, a réalisé l’union totale avec l’être originel, dans une sorte d’extase qui préfigure l’inspiration bouddhique.
Le yoga devient, à ce niveau une pratique religieuse au même titre que la prière et le jeûne. Pour les Occidentaux, cette partie du yoga, l’Hatha-Yoga, qui concerne l’équilibre physique et mental du corps, ne peut être considéré d’un point de vue religieux. La pratique de cette discipline a des effets psychosomatiques et physiologiques remarquables sur le corps et peut aider l’homme à dominer les passions, les angoisses qu’engendre la société actuelle. Mais avant d’être une gymnastique, un exercice de relaxation, le yoga est avant tout un état d’esprit, et le disciple, qu’il soit bouddhiste, protestant, occidental ou oriental, sportif ou motard, doit le pratiquer en permanence, du matin au soir, dans ses rapports avec les autres comme dans sa façon d’être lui-même.

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